Quand on cherche sur internet “dangers de la naturopathie”, on tombe rapidement sur des titres alarmants.
« Naturopathie : une plongée dans les promesses vénéneuses des médecines alternatives »
« Naturopathie : dangers, avis et dérives possibles »
« Naturopathie danger : dérives graves et cadre flou »
…pour n’en citer que quelques-uns.
Ces titres utilisent souvent : danger, dérives, charlatans, promesses, cadre flou, perte de chance thérapeutique.

Les articles alarmants sur la naturopathie en France mettent généralement en avant l’absence de réglementation, le risque de retarder des traitements médicaux, des dérives sectaires ou commerciales, et des promesses thérapeutiques jugées non scientifiquement prouvées.

Mais ces discours mélangent souvent des réalités très différentes.

Alors soyons clairs.

Oui, des dérives existent.
MAIS une naturopathie exercée dans un cadre sérieux et complémentaire au suivi médical n’est pas dangereuse.

Les risques apparaissent surtout lorsque la naturopathie remplace un suivi médical ou s’accompagne de promesses irréalistes, de ruptures de traitement, de pratiques excessives et non individualisées.

Et surtout : encore faut-il savoir de quelle naturopathie on parle.


Une naturopathie physiologique n’est pas une pratique alternative à la médecine

La naturopathie que je pratique s’inscrit dans l’enseignement de Robert Masson, fondateur de l’école CENA, dont l’approche repose sur une base simple :

la physiologie.

Autrement dit :

comment fonctionne réellement le corps humain.

Dans cette approche, la naturopathie n’est ni mystique, ni énergétique, ni médicale.

Elle accompagne :

  • l’alimentation
  • le sommeil
  • le système nerveux
  • la digestion
  • les rythmes biologiques
  • la récupération

Son rôle est d’aider l’organisme à retrouver sa capacité naturelle d’équilibre, ce qu’on appelle l’homéostasie.

En termes simples :

la capacité du corps à maintenir ses constantes normales.


Le vrai problème : le mot “naturopathie” désigne aujourd’hui des pratiques très différentes

C’est là que commence la confusion.

Aujourd’hui, sous le même mot, on peut trouver :

une naturopathie physiologique sérieuse

ou

des pratiques très éloignées du fonctionnement réel du corps humain.

Cette diversité s’explique notamment par l’absence de diplôme d’État et par l’existence de nombreuses écoles aux approches différentes.

Ce mélange entretient les inquiétudes.


Oui, certaines pratiques posent problème

Il est important de le dire clairement.

Certaines approches sont présentées comme naturelles alors qu’elles ne respectent pas toujours la physiologie.

Par exemple :

  • le crudivorisme strict
  • certaines formes de véganisme, d’instinctivorisme,
  • certains régimes trop restrictifs,
  • les détoxs brutales, les purges…
  • les jeûnes hydriques longs non encadrés
  • les jeûnes associés à une activité physique intensive

Dans l’enseignement CENA, ces pratiques sont abordées avec prudence.

D’ailleurs, Robert Masson a écrit « La naturopathie foudroyée » pour dénoncer certaines dérives modernes de la naturopathie, comme les diètes extrêmes, l’usage excessif de compléments et des pratiques non fondées physiologiquement, et défendre une approche plus traditionnelle centrée sur l’hygiène de vie et la nutrition.

Le jeûne peut être intéressant dans certains cas.

Mais il doit toujours être adapté à la personne. Tout le monde ne peut pas jeûner et ceux qui le peuvent n’ont pas tous la même capacité à le faire, et encore moins lorsqu’il s’agit de jeûner et de bouger (marches, yoga, etc, comme c’est le cas dans certains stages)

Le jeûne est une pratique physiologiquement exigeante qui doit toujours être adaptée à la situation individuelle.

Et dans beaucoup de situations, une alimentation adaptée permet souvent déjà d’alléger le travail digestif et métabolique sans recourir à des pratiques plus contraignantes.

La naturopathie que je pratique n’est ni dogmatique ni radicale.

C’est une pratique qui s’adapte à chacun, en douceur.


La naturopathie n’est pas une pratique énergétique

Certaines personnes associent spontanément la naturopathie à des pratiques énergétiques.
Ce n’est pas le reflet de mon approche.

Dans ma pratique, la naturopathie est centrée sur :

  • la physiologie (digestion, métabolisme, système nerveux),
  • l’observation du mode de vie,
  • la nutrition et les corrections alimentaires,
  • les mécanismes d’adaptation du corps.

Elle se distingue d’approches plus « énergétiques » ou symboliques par une volonté de rester ancrée dans le fonctionnement biologique du corps.

Cela n’empêche pas que d’autres approches puissent apporter du bien-être à certaines personnes.
Mais ce n’est pas le cœur de la naturopathie telle qu’elle m’a été transmise.


La naturopathie ne promet pas de guérison

Un naturopathe sérieux ne promet pas de guérison.
Il ne prétend soigner aucune maladie.
Il ne conseille jamais l’arrêt d’un suivi et/ou un traitement médical.
Jamais.

La naturopathie n’est pas une médecine et ne remplace pas un suivi médical.
Elle accompagne les personnes pour soutenir les capacités d’adaptation de l’organisme et améliorer le terrain.

Son action se porte notamment sur :

  • la vitalité
  • la récupération
  • la digestion
  • le sommeil
  • la résistance au stress

La Naturopathie aide progressivement le corps à retrouver des conditions plus favorables pour maintenir ses équilibres naturels.

Ce travail peut conduire à des améliorations parfois importantes dans des situations comme :

  • la fatigue chronique
  • les déséquilibres digestifs
  • certains dérèglements métaboliques liés au mode de vie
  • les troubles nerveux fonctionnels
  • certains déséquilibres fonctionnels influencés par l’hygiène de vie

Mais cela reste un accompagnement.

La naturopathie ne pose pas de diagnostic médical et ne traite pas les maladies : elle intervient en complément, en travaillant sur les leviers du mode de vie et de la physiologie.

La médecine moderne et la naturopathie sont complémentaires

La médecine moderne est indispensable.

Elle permet :

  • le diagnostic
  • la prise en charge des maladies
  • les traitements
  • la surveillance clinique

La naturopathie agit ailleurs, en complément.

Elle aide à corriger ce qui, dans le mode de vie, entretient les déséquilibres.

Ce ne sont pas deux approches opposées.

Ce sont deux approches complémentaires.


Les compléments alimentaires : utiles, mais jamais centraux

Aujourd’hui, beaucoup de personnes prennent des compléments alimentaires.

Parfois trop.

Parfois un peu au hasard.

Dans certains cas, ils peuvent être utiles.

Notamment parce que :

  • la qualité nutritionnelle des aliments peut varier selon les modes de production
  • le stress est chronique, épuisant nos réserves minérales
  • le rythme de vie est intense et la fatigue souvent marquée
  • l’alimentation est souvent déséquilibrée, pauvre en nutriments

Mais ils ne remplacent jamais :

  • une alimentation individualisée, naturelle, mesurée, équilibrée, digeste
  • un sommeil réparateur
  • un système nerveux régulé
  • une hygiène de vie saine

Et surtout, mal utilisés, ils peuvent surcharger les émonctoires.

En particulier lorsqu’ils sont pris en grande quantité ou sans indication adaptée.

Les émonctoires sont les organes chargés d’éliminer les déchets de l’organisme :

  • le foie
  • les reins
  • les intestins
  • la peau
  • les poumons

Multiplier les compléments inutilement peut fatiguer ces systèmes et la personne va encore moins bien avec les compléments alimentaires que sans !

Un accompagnement professionnel permet souvent d’éviter des dépenses inutiles et des erreurs fréquentes.


Alors pourquoi parle-t-on autant des dangers de la naturopathie ?

Parce que le mot “danger” attire l’attention.

Les recherches en psychologie montrent que notre attention est naturellement attirée par les informations associées à une menace, ce qui explique pourquoi les titres contenant le mot « danger » sont particulièrement utilisés dans les médias.

Et parfois, le mot DANGER sert surtout à faire du sensationnel.

Le véritable danger ne vient pas de la naturopathie elle-même.

Il vient :

  • du manque de formation de certains praticiens
  • des promesses irréalistes
  • des postures professionnelles inadaptées
  • du manque d’humilité conduisant à une prise de risques inconsidérés

Et ces dérives existent dans tous les domaines de la santé, pas uniquement en naturopathie.

Comme dans toute activité liée à la santé ou au bien-être, la qualité dépend avant tout de la formation et de la posture du praticien.


Le vrai rôle de la naturopathie : revenir au bon sens physiologique

La naturopathie n’est pas une médecine alternative.

C’est un accompagnement du mode de vie.

Elle aide à comprendre :

  • ce qui fatigue l’organisme
  • ce qui surcharge le système nerveux
  • ce qui perturbe la digestion
  • ce qui déséquilibre le métabolisme

Autrement dit :

elle aide à revenir au bon sens.

Dans un monde où le mode de vie est souvent devenu antinaturel,

notamment en raison du manque de sommeil, du stress chronique, de la sédentarité et de l’alimentation transformée,

ce travail est déterminant pour retrouver de l’énergie durable.


Finalement, la question n’est peut-être pas : la naturopathie est-elle dangereuse ?

La vraie question est plutôt :

Est-il dangereux d’apprendre à mieux comprendre et à améliorer son mode de vie et son fonctionnement physiologique ?

Ou est-ce devenu nécessaire aujourd’hui ?


Céline RAMOS

Praticienne en naturopathie certifiée CENA MASSON. La naturopathie est pour moi un accompagnement vers un bien-être et une vitalité durables. C'est un chemin de réappropriation. Mon approche est caractérisée par une écoute active et bienveillante, motivée par la recherche d'une compréhension globale de la personne, avec son histoire, son esprit et dans son environnement. Il n'y a pas une solution unique pour chaque difficulté rencontrée mais il y en a plusieurs, le choix est fait ensemble, selon les capacités et les ressources mobilisables de chacun.